Ce matin 14 janvier, Bernard Guetta, dans sa chronique de géopolitique, s'est irrité de ce que les Brésiliens n'exigent plus une parfaite connaissance de l'anglais de ceux qui visent la carrière de diplomates. Geste symbolique et de peu de portée immédiate, certes. Car comme le fait remarquer M Guetta, cela n'empêchera pas ses diplomates d'utiliser cette langue à l'occasion.
Par contre, et même si, comme il le dit, c'est la première langue véhiculaire utilisée actuellement dans le monde, ce n'est pas une raison pour en faire une fatalité qui durera eternellement.
Ensuite, il nous assène les demi-vérités habituelles, comme par exemple de dire que l'anglais est parlé partout en Inde... alors qu'en fait il ne l'est tout au plus que par 10 à 15 % de la population des grandes villes, mais presque pas dans l'immensité de ce continent en plein essort. La grosse force de tous les zélateurs de l'international english, c'est de nous faire croire ce qu'ils veulent puisque de toutes façons on a peu de moyens de vérifier ce qu'ils prétendent, et le ferait-on qu'on n'aurait pas les moyens de le faire savoir.
Je lui ai écrit ceci, qui aurait sans doute dû être plus réfléchi et fignolé, mais on ne peut pas passer sa vie à écrire comme un professionnel...
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Monsieur,
Je vous conseille de lire le dernier Monde Diplomatique.
Bernard Cassen y fait une excellente analyse des mécanismes par lesquels une langue (en l'occurence l'anglais) est un outil puissant de domination.
Les brésilliens ont très bien fait, nous devrions en faire autant.
Et c'est dans leur pays, entre autres, que le mouvement espérantophone et espérantiste connait actuellement une progression tout à fait prometteuse. Il n'y a pas de hasard.
Vous avez beau grogner dans votre coin, de toutes façons, les Brésiliens s'en tamponnent et ils ont raison.
Par contre, ceux parmi les Français qui sont capables, comme moi et bien d'autres, de débusquer la profonde soumission à l'ordre établi (établi par la force) présente dans votre chronique, ne pourront que déplorer que vous fassiez partie de la meute de tous ceux qui n'hésitent pas à brader notre culture et notre langue sous le prétexte (imbécile et absolument pas fondé d'être moderne, dynamique, et autres foutaises qui érigent la loi de la jungle, la soumission du faible au fort en morale sociale supérieure.
Pour terminer, je vous ferai remarquer que c'est un magistral aveuglement (ou une terrible malhonnêteté) d'aller invoquer la vente de la Louisiane pour justifier l'usage totalitaire de la langue anglaise. Vous devriez savoir que ce n'est pas du tout là ce qui a déchaîné son envahissement forcené sur notre planète, mais en partie le plan Marshall de reconstruction de l'Europe, voulu comme un rempart contre le communisme, puis une politique aussi volontariste qu'intrigante de la part des Etats-Unis et de leurs godillots les Britanniques.
Salutations profondément européennes et espérantistes
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